AFRIQUE/OUGANDA - Morts de Covid-19 notamment dus aux conditions d'accès difficiles aux hôpitaux

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 16:23
Kampala – En Ouganda, le corona virus risque de tuer plus du fait de ses effets collatéraux dérivant du confinement qui a bloqué les activités sociales et compliqué l'accès aux hôpitaux. L'alarme en la matière a été lancée par Martin Ogwang, Directeur sanitaire du Lacor Hospital, structure sanitaire appartenant au Diocèse de Gulu. Selon le médecin, l'alarme relative à la diffusion du Covid-19 et les très dures mesures prises pour le contenir font actuellement obstacle à l'accès aux hôpitaux, en particulier aux services d'obstétrique et de pédiatrie.
Pour le moment, le virus n'a pas eu de graves conséquences sur le pays. Selon les données fournies par l'OMS, au 9 juillet, ont été enregistrés 935 cas et aucun mort. Par le passé cependant, l'Ouganda a dû faire face à deux terribles urgences sanitaires, à savoir la diffusion du SIDA dans les années 1980-1990 et celle de l'Ebola au début des années 2000, qui ont laissé un signe dans la mémoire collective. Dès lors, à peine le corona virus a-t-il commencé à se diffuser que les autorités de Kampala ont mis en place une quarantaine rigide. A compter du 18 mars, ont été mises en place des mesures de distanciation sociale, interdits les rassemblements de personnes, interrompues toutes formes de transport public, fermés les magasins, rendu obligatoire le port des masques de protection. Ces mesures, dont le respect a été surveillé avec rigueur par les forces de l'ordre, ont en partie été allégées mais ont causé et continuent à causer des conséquences graves.
« L'une des mesures mises en œuvre – explique Martin Ogwang à l'Agence Fides – a été l'interruption de tous les transporta publics, utilisés par la majeure partie des mères les plus pauvres pour se rendre à l'hôpital. Les quelques personnes qui disposent de moyens de transport personnels ont dans tous les cas besoin d'une autorisation des autorités du district pour se déplacer. Ceci a fait que les femmes ne sont pas parvenues à atteindre les structures sanitaires. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en janvier, nous avons eu 720 admissions en service d'obstétrique, en avril 275. En janvier les admissions dans le service de pédiatrie étaient 600 contre 300 en avril. La fréquentation de l'hôpital s'est par suite réduite de moitié ».
« Les enfants que nous voyons au cours de cette période – remarque Venice Omona, pédiatre du Lacor Hospital – sont gravement malades. Ils sont venus après que leurs parents aient cherché, sans succès, à les soigner à domicile ou dans de petites cliniques proches. Ils arrivent tard, lorsque la situation est grave. La majeure partie d'entre eux a le paludisme, l'anémie, le diabète ». Francis, 5 ans, a été accompagné par sa tante, Ailing, qui l'a porté sur son dos en marchant dans le froid de la nuit pendant plus de 30 Km. « Je ne savais qui appeler pour nous aider pour le transport – a-t-elle confié à Joséphine – alors je me suis mise en chemin ». Elle est arrivée au Lacor Hospital en six heures. Francis était en conditions graves mais il a été soigné et, quelques jours plus tard, renvoyé dans ses foyers.
Ce n'est pas seulement une question liée aux transports. Parmi la population, règne aussi la peur. « Pour beaucoup – poursuit Martin Ogwang – si l'épidémie devait exploser, elle partirait certainement des hôpitaux. Par suite, femmes et hommes se tiennent à distance des structures publiques. Le Lacor Hospital demeure toutefois ouvert mais nous avons institué des mesures pour protéger les opérateurs sanitaires et les patients. Par exemple, nous disposons d'un triage rigoureux à toutes les entrées de l'hôpital ».
La population se rend donc à l'hôpital seulement lorsqu'elle en a un besoin extrême et souvent lorsque les personnes à soigner se trouvent désormais dans des conditions critiques. Un cas emblématique est représenté par une mère de 37 ans qui a été portée à l'hôpital par une structure sanitaire voisine. Elle a commencé à saigner chez elle au cœur de la nuit mais elle ne parvenait pas à obtenir le transport à l'hôpital. Il lui a fallu six heures pour atteindre le centre sanitaire le plus proche. Ni là ni à l'hôpital public, ils ne sont parvenus à intervenir. Lorsqu'elle est ensuite arrivé au Lacor Hospital elle était inconsciente et rien n'a pu être fait ni pour elle ni pour l'enfant qu'elle portait.
« Si le verrouillage se poursuit – conclut la pédiatre – nous pourrions perdre de nombreux enfants qui ne parviennent pas à arriver à temps à l'hôpital, en particulier des nouveaux-nés ou des enfants atteints de paludisme ou d'anémie falciforme. Le corona virus en Ouganda, c'est aussi cela ».
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ASIE/INDE - Les Soeurs de Béthanie, 100 maisons pour les pauvres au moment du centenaire de la Congrégation

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 16:21
Mangalore – La Congrégation des Soeurs de la Petite Fleur de Béthanie – ou Soeurs de Béthanie – a lancé, à l'occasion de la célébration du centenaire de fondation de l'Institut, un projet de logements destiné à cent familles pauvres de tout le pays, entraînant par ailleurs 1.000 jeunes à l'exercice des responsabilités d'une manière chrétienne.
Le centenaire de la fondation de la Congrégation a débuté le 11 juillet dernier au travers d'une Messe solennelle, dans le cadre de laquelle les religieuses ont renouvelé leur engagement et rendu grâce au Seigneur pour l'histoire de providence de l'Institut. D'autre part, elles ont lancé un nouveau service apostolique de lutte contre le trafic d'êtres humains et la migration en conditions d'insécurité. L'objectif est d'atteindre les victimes de la pandémie de Covid-19 vulnérables à ces phénomènes.
L'inauguration du centenaire s'est tenue aujourd'hui à la Maison mère des Soeurs de Béthanie de Mangalore, en présence de S.Exc. Mgr Peter Paul Saldanha, Ordinaire du lieu. Soeur Rose Céline, Supérieure générale de l'Ordre, a déclaré solennellement ouverte l'Année du Centenaire en portant le « cierge du Jubilé » symbolisant les 100 années de vie et de mission, lequel a allumé cent lampes placées sur l'autel. Mgr Saldanha a publiquement remercié et reconnu la précieuse contribution des religieuses à l'Eglise en Inde et à la société, au sein desquelles les religieuses effectuent « un service apostolique fécond, surtout au profit des femmes, service qui est universellement apprécié, par les catholiques comme par les non catholiques ».
En Inde, la Congrégation est bénie par de nombreuses vocations et compte actuellement 1.381 religieuses qui exercent leur service dans 61 Diocèses indiens. Elles sont présentes dans 187 communautés en neuf pays du monde et sont particulièrement actives dans des domaines pastoraux et sociaux, en particulier l'éducation des jeunes filles, l'émancipation des femmes et la lutte contre le trafic d'êtres humains.
La Congrégation a été fondée le 16 juillet 1921, fête de Notre-Dame du Mont Carmel par le Serviteur de Dieu Mgr Raymond Francis Camillus Mascarenhas , afin de répondre aux besoins sociaux de cette époque, en particulier dans le but d'éduquer les pauvres des zones rurales et de contribuer à la promotion humaine des femmes.
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ASIE/TURQUIE - La reconversion en mosquée de Sainte Sophie, source de renforcement de l'islamophobie selon des « théologiens kémalistes »

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 12:26
Istanbul – La décision de rouvrir l'antique Basilique Sainte Sophie exclusivement au culte islamique risque de devenir « une erreur grave et irréparable » destinée à fomenter les sentiments islamophobes dans le monde entier. C'est ce qu'écrivent dans un article appel relancé par les moyens de communication turcs trois intellectuels turcs, experts en « théologie » et en histoire de la Turquie, appliquant à eux-mêmes la définition et étiquette éloquente de « théologiens kémalistes ». Dans leur prise de position, Nazif Ay, Mehmet Ali Öz et Yusuf Dülger affirment que le choix de retransformer en mosquée le complexe monumental de Sainte Sophie annihile « les messages de réconciliation et de justice de l'islam » alors que la tentative de rendre au culte islamique le temple construit par des chrétiens orthodoxes par la voie des faits accomplis « offensera les non musulmans et redonnera de l'élan à l'islamophobie et à la haine contre l'islam ».
Le 19 juillet, Ibrahim Kalin, porte-parole du Président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré à la chaîne de télévision Cnn Turk, qu'à la réouverture officielle de Sainte Sophie en tant que mosquée, tous sont invités, y compris le Pape François.
Le Président Erdogan a établi que la réouverture de Sainte Sophie au culte islamique aura lieu vendredi prochain, 24 juillet, et que l'ensemble du complexe demeurera dans tous les cas ouvert aux visites des touristes, étrangers et locaux.
L'initiative d'une réaffectation de Sainte Sophie au culte islamique est arrivée après que le Conseil d'Etat turc ait annulé son statut de musée, imposé en 1934 par le fondateur de la République de Turquie, Mustafa Kemal dit Atatürk.
Au cours des rites et des prières islamiques, les mosaïques chrétiennes encore présentes à l'intérieur de l'antique Basilique seront masquées avec une tenture à fonctionnement électronique qui n'entrera en fonction qu'entre le début et la fin des fonctions. Les techniciens chargés de faire fonctionner ce système préparent actuellement un dossier visant à prouver que ledit système ne provoquera pas de dommages aux antiques mosaïques. Entre temps, alors que le sol de marbre de Sainte Sophie est recouvert du tapis vert choisi personnellement par le Président Recep Tayyip Erdogan, des cercles et représentants de l'extrémisme islamiste continuent à se plaindre pour l'absence de démantèlement des images sacrées byzantines présentes sur les parois du temple. « Si les images ne sont pas retirées - a déclaré l'historien turc Ebubekir Sofuoglu – Ayasofya sera la première mosquée au monde dans laquelle sont exposées des images de prostituées .
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ASIE/PAKISTAN - Mort d'une religieuse « mère des handicapés mentaux » des suites du Covid-19

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 11:47
Karachi – Aujourd'hui, 22 juillet, se tiennent en la Paroisse du Christ Roi de Karachi les obsèques de Soeur Ruth Lewis, 74 ans, de la Congrégation des Missionnaires franciscaines de Christ Roi , terrassée par le Covid-19 le 20 juillet dernier à l'hôpital universitaire Agha Khan de Karachi. Elle était soignée auprès de cette structure après avoir été reconnue positive au corona virus le 8 juillet. Soeur Ruth Lewis a continué son inlassable service apostolique au Dar-ul-Sukun, centre d'accueil pour enfants malades mentaux après que 21 enfants de ce centre aient été trouvés positifs au Covid-19 au début du mois de juillet. Après avoir été hospitalisée, elle avait été transférée en soins intensifs à cause de complications liées au virus.
L'administration du Centre Dar ul Sukun, où la religieuse a prêté service pendant 51 ans, a demandé aux fidèles de s'unir à la Messe au travers de Facebook en raison des mesures anti Covid-19.
Le Père Qaisar Feroz OFM Cap., Secrétaire exécutif de la Commission épiscopale pour les Communications sociales, qui a oeuvré avec Soeur Lewis en tant que séminariste pendant deux ans, s'en souvient ainsi, dans le cadre d'un entretien accordé à l'Agence Fides : « Authentique témoin de l'amour de Dieu envers toute personne et toute créature, elle a dédié toute sa vie au service de ces enfants et les a toujours traités comme une mère, les faisant sentir des enfants aimés. Elle avait un regard d'amour évangélique envers ces enfants handicapés, regard qui était visible à chaque instant de sa vie. Sa mort est une grave perte pour la mission de l'Eglise et surtout pour ces enfants nécessitant de soins particuliers, qu'elle a assisté et accompagné pendant 51 ans de service apostolique. Elle a été l'une des premières religieuses à s'unir à Soeur Gertrude Lemmes, la fondatrice du Centre » rappelle le prêtre.
Une figure comme celle de Soeur Lewis montre le visage miséricordieux de l'Eglise au Pakistan, qui se dépense pour le bien commun, au service des pauvres et des plus vulnérables, sans distinction d'ethnie, de religion, de culture, de strate sociale. La mort de Soeur Lewis a en effet suscité des réactions émues également de la part des autorités civiles, qui ont apprécié son action. « Nous avons perdu une autre héroïne inconnue de beaucoup, Soeur Ruth Lewis, qui a dédié sa vie à servir les enfants handicapés mentaux au centre Dar-ul-Sukun. A la population de Karachi, elle manquera beaucoup et tout le Pakistan apprendra à la connaître. Je demande au Président du Pakistan de la récompenser à titre posthume pour ses services rendus à l'humanité » a déclaré Bilawal Zardari, Président de la province du Sindh.
Le Premier Ministre de la province du Sindh, Syed Murad Ali Shah, a lui aussi exprimé sa douleur et présenté ses condoléances suite à la mort de Soeur Ruth Lewis, déclarant : « C'est une grave perte surtout pour les personnes handicapées physiques et mentales. Elle a rendu des services extraordinaires aux enfants ayant besoin de soins spéciaux au sein de la province du Sindh ». Le Premier Ministre et la direction du Parti populaire pakistanais dont il fait partie, a pris en charge les dépenses relatives aux soins de la religieuse et s'occupe également aujourd'hui de la quarantaine particulière en vigueur à Dar ul Sukun pour les enfants handicapés touchés par le Covid-19. Le gouvernement du Sindh a accordé une subvention de 25 millions de roupies pakistanaises afin de fournir assistance et médicaments aux 19 patients actuellement positifs au corona virus résidant dans le centre.
Pour son service charitable, altruiste et passionné aux enfants spéciaux, Soeur Ruth Lewis a reçu le Prix Orgueil de Karachi le 18 janvier 2014 et le Prix Hakim Mohammad Saeed en 2018 des mains du Gouverneur du Sindh pour le service social rendu à l'humanité pauvre et souffrance sans discrimination aucune.
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AMERIQUE/BOLIVIE - Obsèques de l'Evêque d'El Alto, un homme ayant tout donné pour l'annonce de l'Evangile

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 11:10
El Alto – Le 20 juillet, en la Cathédrale d'El Alto, dédiée à Notre-Dame du Mont Carmel, a été célébrée la Messe des obsèques de S.Exc. Mgr Eugenio Scarpellini, Evêque d'El Alto, mort le 15 juillet des suites du Covid-19, missionnaire en Bolivie depuis 1988, longtemps Directeur national des Oeuvres pontificales missionnaires et Coordinateur de ces mêmes Oeuvres pour le continent américain . Le Saint Sacrifice de la Messe a été célébré par S.Exc. Mgr Aurelio Pesoa, Evêque auxiliaire de La Paz et Secrétaire général de la Conférence épiscopale de Bolivie, en présence de prêtres, de religieux, d'autorités et d'amis, dans le respect des normes sanitaires en vigueur.
Selon les nouvelles diffusées par les Oeuvres pontificales missionnaires de Bolivie, S.Exc. Mgr Sergio Gualberti, Archevêque de Santa Cruz, et ami fraternel de Mgr Scarpellini, a prononcé l'homélie de façon virtuelle, en exprimant ses sentiments. « D'un coté, se trouve la douleur et la tristesse suite à la mort improvise et inattendue de Mgr Scarpellini – a-t-il déclaré – la perte d'un grand pasteur très apprécié et aimé par les siens, et en particulier par moi, avec lequel il avait cultivé une profonde amitié. De l'autre, se trouvent les sentiments de gratitude envers Dieu pour la vie de Mgr Scarpellini, pour lui avoir donné le don de la foi, l'avoir choisi comme prêtre à l'image du Christ et l'avoir envoyé en tant que missionnaire dans notre Eglise de Bolivie, où il a exercé son ministère avec passion, générosité et joie ». Mgr Gualberti a rappelé ensuite « sa vitalité débordante et l'enthousiasme qu'il a mis dans tout ce qu'il a fait, contaminant les personnes. Toutefois, derrière l'énergie qui émanait de toute sa personne, battait le cœur d'un fidèle disciple du Christ, d'un pasteur bon, généreux, sensible et attentif aux personnes, en particulier aux pauvres ».
Avant de conclure la Messe, a été présentée une vidéo dans laquelle les Directeurs des Oeuvres pontificales missionnaires d'un certain nombre de pays d'Amérique ont présenté leurs témoignages, mettant en évidence les caractéristiques de Mgr Scarpellini : la joie, le dévouement, la générosité, le service de l'Evangile, sa vocation missionnaire, s'en souvenant comme un père inlassable, un ami et un missionnaire, constructeur de justice et de paix, un exemple de vie qui, aujourd'hui, doit être suivi en contemplant le Christ dans le visage des pauvres, des humbles et des simples.
Etaient présents au rite les représentants des plus hautes autorités de l'Etat et le Maire d'El Alto. Avant la prière de Requiem, a été donné lecture d'un message dans lequel le Pape François exprimait son profond regret à la famille, au clergé, aux consacrés et aux fidèles du Diocèse : « Le Saint-Père offre des suffrages pour le repos éternel de son âme et impartit la bénédiction apostolique à tous ceux qui pleurent une perte aussi importante ». A la fin, Mgr Pesoa a porté un message de condoléances de l'Archevêque de la Paz, de la Conférence épiscopale et de ses frères Evêques pour le retour à la maison du Père de l'Evêque qui, dans sa vie, a tout donné pour l'annonce de l'Evangile, un missionnaire infatigable ainsi que beaucoup s'en souviennent.
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AMERIQUE/NICARAGUA - Appel de l'Evêque de Matagalpa à « construire un pays respectueux de la dignité de la personne »

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 10:07
Managua - « La Commission interaméricaine pour les droits fondamentaux a reçu des informations concernant le meurtre de Jorge Rizo a La Trinidad, Estelí. Les événements tragiques ont eu lieu après que la victime ait hurlé des slogans antigouvernementaux au terme d'une manifestation officielle ». C'est grâce à cette déclaration publiée sur le site de ladite Commission en date du 20 juillet que l'on s'aperçoit que le Nicaragua vit, encore une fois, le deuil et la tension de la répression envers des citoyens sans défense. Le cas a attiré fortement l'attention en ce que la victime était un jeune qui a été tué seulement pour avoir crié « Vive le Nicaragua libre » alors que le 19 juillet, devant son domicile, passait une manifestation progouvernementale. L'un des sympathisants du gouvernement a ouvert le feu sur lui, le blessant mortellement. Le lendemain, alors qu'étaient en cours les préparatifs de ses obsèques, sa maison a été incendiée, les pompiers n'étant jamais parvenus sur place.
La Commission interaméricaine pour les droits fondamentaux a publié hier un rapport parvenu à Fides dans lequel elle dénonce le fait que la répression menée part le gouvernement du Nicaragua « n'ait jamais cessé » depuis le second semestre 2018, lorsque le Président Ortega fit recours à des attaques armées pour faire taire les protestations montant contre sa personne . Selon le rapport, depuis le 4 juillet 2018, la répression menée par le gouvernement au Nicaragua a produit 10.360 incidents dont 410 meurtres alors que quelques 3.511 personnes se trouvent détenues arbitrairement, 4.147 ont fait l'objet de menaces et 2.437 ont subi des violences.
Selon une note de l'Agence EFA, la Commissaire et rapporteuse de la Commission interaméricaine pour les droits fondamentaux pour le Nicaragua, Antonia Urrejola, a qualifié le travail du groupe de contrôle de « fondamental », surtout après que les délégués de l'Organisation internationale, y compris le groupe spécial pour le Nicaragua aient été expulsés du pays à la fin de 2018 .
S.Exc. Mgr Rolando José Alvarez L., Evêque de Matagalpa, s'est livré au commentaire suivant via Twitter : « Il faut construire un nouveau pays, où soient respectées la dignité de la personne, de la famille, de la liberté, des institutions, de la suprématie de la loi avec des fonctionnaires qui ne se laissent pas corrompre par l'ambition ».
En ces jours de fêtes laïques pour le 41ème anniversaire de la fin de la dictature d'Anastasio Somoza, le 19 juillet 1979, le Président Ortega a parlé au pays dans le but de réduire au minimum les informations concernant le nombre de morts suite à l'épidémie de corona virus dans le pays. Selon le Ministère de la Santé, ils seraient au nombre de 99 alors que les rapports de l'Observatoire indépendant citoyen fait état de 2.397 morts.
Alors que le Président Ortega a fait l'éloge des capacités du système sanitaire, garantissant que « grâce aux investissements en matière de santé, nous sommes en mesure de faire face avec succès à cette pandémie », les médecins du Système sanitaire eux-mêmes l'ont démenti publiquement. Ainsi le Dr. Francisco Javier Núñez, Vice-président de l'Unidad Médica Nicaragüense, , a affirmé que, rien que parmi les médecins, les morts par Covid-19 dépassent la centaine.
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AFRIQUE/TOGO - Première Messe en présence de quelques 200 fidèles après le confinement à Kolowaré

Fides FR - www.fides.org - Mié, 22/07/2020 - 08:49
Kolowaré – « Cela faisait des mois que nous n'entendions pas les cloches de notre Paroisse » écrit à l'Agence Fides le Père Silvano Galli, de la Société des Missions africaines depuis la Paroisse Saint Léon IX de Kolowaré.
« Dimanche 19 juillet à 07.00 locales, je suis allé ouvrir la porte latérale et j'ai préparé l'autel puis je suis rentré à la mission pour chercher de l'eau, le vin, les hosties et le missel. Vers 07.30, un certain nombre de jeunes m'a rejoint pour remplir les bidons d'eau destinés au lavage des mains et les disposer devant l'église sous la surveillance du Président du Conseil paroissial. Le missionnaire raconte avec émotion comment, peu à peu, il a vu arriver les fidèles. « En faisant très attention que n'entrent pas d'enfants trop jeunes, quelques 200 personnes se sont unies à la Messe, toutes portant le masque de protection, après que le surveillant ait fait en sorte que tous se soient lavés les mains, avant de les accompagner dans l'église où les places assises avaient été indiquées à la craie ». « La Messe a commencé à l'heure – poursuit le Père Galli – accompagnée par notre chorale et a duré un peu plus d'une heure suivant les indications reçues. Au cours de l'homélie, je me suis attardé sur la patience et la magnanimité de Dieu, qui attend, pardonne, accompagne et régénère. J'ai invité ensuite tous les participants à rendre grâce au Seigneur pour avoir épargné à notre pays et à notre village le fléau du Covid et à prendre très au sérieux les indications hygiéniques continuellement indiquées par la radio, la télévision et les journaux ».
« Au terme de la Messe – conclut le missionnaire – il m'a été dit que, pendant que nous étions en prière, était arrivée de Sokodé une délégation comprenant des représentants de la commune et du Diocèse afin de contrôler si nous avions respecté les règles. Ils ont photographié l'extérieur avec les trois bidons lave-mains et l'assemblée présente dans l'église ».
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AFRIQUE/OUGANDA - Journée de l'Enfance missionnaire et sainteté des enfants

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 14:03
Namugongo – « Jésus aime les enfants et, comme Lui, eux aussi doivent partager cet amour avec leurs camarades et leurs familles » a déclaré Dorothy Atuhaire Ssonko, enseignante à l'école du Dimanche de la Basilique mineure des Martyrs de l'Ouganda de Namugongo, à l'occasion de la Journée de l'Enfance missionnaire célébrée ces jours derniers.
« Nous désirons que les enfants sachent qu'ils appartiennent à l'Eglise, qu'ils ont la mission d'évangéliser leurs camarades qui, à leur tour, évangélisent leurs familles » indique la note parvenue à l'Agence Fides. « Le thème de la Sainteté, choisi pour cette année, invite les enfants à savoir qu0ils peuvent être saints même avec leurs petits moyens ».
Dans la liturgie du Dimanche 12 juillet, les jeunes ougandais ont été exhortés à être des prédicateurs de la Parole de Dieu auprès des jeunes de leur âge. En outre, il leur a été rappelé qu'ils devaient prier pour leurs camarades du monde entier, lire la Bible et partager ce qu'ils ont appris avec d'autres enfants et avec leurs parents, accomplir des actes d'amour et de charité envers les enfants nécessiteux, en particulier ceux de leur quartier.
« La pandémie de Covid-19, qui a porté à la fermeture des églises en Ouganda, n'a pas détruit l'Eglise mais nous a enseigné plutôt que la seule chose qui nous unit est la prière » a déclaré le Directeur national des Oeuvres pontificales missionnaires en Ouganda, le Père Pontian Kaweesa. « Nous devons prier et demander à Dieu de nous aider en ces temps difficiles, d'aider les médecins et les infirmiers qui prennent soin des malades et aussi d'aider les scientifiques à trouver un vaccin qui puisse nous libérer du corona virus ». Le Père Kaweesa a en outre expliqué que l'Eglise a quatre Oeuvres pontificales missionnaires pour l'Evangélisation et la diffusion de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ de par le monde et il a exposé les valeurs de chacune d'entre elle.
Chaque pays célèbre la Journée de l'Enfance missionnaire à une date instituée localement. En Ouganda, elle est célébrée chaque année le deuxième Dimanche de juillet. Cette année, la pandémie de corona virus n'a pas permis aux enfants de se rassembler mais, selon ce qu'a indiqué Dorothy Atuhaire Ssonko, les enfants ont prié le chapelet virtuellement chaque samedi depuis le début du confinement.
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VATICAN - Les aides du Fond des Oeuvres pontificales missionnaires pour l'urgence Covid-19 au profit des monastères, communautés rurales et Paroisses d'Afrique et d'Amérique latine

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 13:13
Cité du Vatican – La pandémie de Covid-19 qui, depuis des mois, marque la vie des peuples sur tous les continents, pose de graves limitations également à la vie des communautés ecclésiales, qui se trouvent à affronter des difficultés et des situations souvent dramatiques. Pour soutenir les Eglises des territoires de mission face à l'urgence causée par le Covid-19, le Pape François a institué un Fond d'urgence près les Oeuvres pontificales missionnaires qui répond actuellement aux requêtes qui proviennent des Diocèses du monde entier . Les dernières aides fournies ont eu pour bénéficiaires des sujets sis en Afrique et en Amérique latine.
Les Clarisses du Monastère Mary Queen and Mother de Lilongwe, au Malawi, offrent avec leur prière une contribution précieuse et appréciée à la vie de l'Eglise et du pays, soutenant spirituellement la mission. Habituellement, elles tirent leurs moyens de subsistance des petites offrandes des fidèles qui s'unissent à leur prière dans la chapelle du monastère. Avec la fermeture des églises imposée par la nécessité de contenir la pandémie, les 31 moniales se trouvent sans moyens financiers y compris pour payer les dépenses courantes de consommation du monastère et satisfaire à leurs besoins de base, raison pour laquelle leur a été accordé une aide provenant du Fond d'urgence des Oeuvres pontificales missionnaires.
Le Diocèse de Kwito-Bié en Angola, assiste habituellement de nombreux pauvres mais la situation venue à se créer suite à la pandémie rend impossible le fait de poursuivre ce service de charité aux Paroisses et aux missions. L'aide envoyée par le Fond des Oeuvres pontificales missionnaires permettra en particulier au Diocèse de soutenir Radio Ecclesia, instrument fondamental pour garantir la communication et l'animation spirituelle en cette période d'isolement.
L'Archidiocèse de Yaoundé, au Cameroun, comprend la capitale politique du pays et se trouve donc au carrefour de nombre de personnes qui se rendent – pour raisons de travail ou pour affaires – sur son territoire, faisant de lui l'un des lieux les plus exposés à la pandémie. Les efforts faits par les services sanitaires de l'Archidiocèse pour la prévention sont limités et ne peuvent couvrir les nombreux besoins d'une ville de quelques 2 millions d'habitants. Le besoin le plus urgent signalé au Fond des Oeuvres pontificales missionnaire concerne l'assainissement des locaux et la sensibilisation des fidèles des 162 Paroisses et des 23 centres eucharistiques du Diocèse en vue de la lutte contre le corona virus.
Le Diocèse de Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, compte seulement 20% de catholiques. La majeure partie de ses 26 Paroisses se trouve en zone rurale, non seulement pour l'Evangélisation mais aussi pour contribuer à l'amélioration des conditions de vie de cette population au travers d'écoles et de centres sanitaires. A l'action de l'Eglise, contribuent généreusement prêtres, religieuses, séminaristes, catéchistes et animateurs des communautés ecclésiales. En mars, a été enregistré le premier cas de Covid-19 et par suite émanées toutes les dispositions visant à contenir la pandémie tant de la part de l'Etat que de l'Eglise. La majeure partie de la population s'est retrouvée ainsi à ne plus avoir la possibilité de gagner son pain quotidien. La suspension des rencontres de prière et de catéchèse n'a pas permis notamment de collecter les offrandes en vue de la subsistance des Paroisses et des opérateurs pastoraux.
La maison de retraite Saint Pierre Claver sis sur le territoire du Vicariat apostolique de Saint André, Providence et Sainte Catherine en Colombie, n'a plus de ressources pour assister ses hôtes. Généralement, est organisé annuellement un festival gastronomique permettant de collecter des contributions et offrandes mais suite à la pandémie, cela n'a pas été possible cette année. Sur un total de 38 hôtes, tous ne sont pas en mesure de contribuer financièrement à la gestion de la maison. L'aide envoyée par le Fond d'urgence des Oeuvres pontificales missionnaires sera utilisée pour soutenir des prêtres qui n'ont plus de moyens de subsistance et qui jusqu'ici avaient contribué également aux dépenses du Vicariat.
Au Vicariat apostolique de Camiri, en Bolivie, cette année 2020 marque le 25ème anniversaire de l naissance du clergé diocésain, qui est venu s'adjoindre aux missionnaires dans le service de cette Eglise locale en terre de mission. Dans les Paroisses, existe une volonté de faire prendre conscience aux fidèles du besoin de l'autofinancement, en conservant les structures et les opérateurs pastoraux au service de la communauté. En ce temps de pandémie, ont été promues différentes formes d'aide solidaire pour les personnes en difficultés mais, avec les églises fermées et la crainte de la contamination, il n'est pas possible de collecter d'offrandes parmi les fidèles. L'aide du Fond des Oeuvres pontificales missionnaires sera destinée aux services de base et aux activités pastorales des Paroisses tenus tant par des prêtres diocésains que par des religieux, ainsi qu'aux familles de certains catéchistes en difficulté.
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ASIE/IRAQ - Déclarations du Patriarcat de Babylone des Chaldéens sur l'expulsion de citoyens irakiens du territoire des Etats-Unis

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 12:12
Bagdad – Le Patriarcat de Babylone des Chaldéens, avec à sa tête S.Em. le Cardinal Louis Raphaël I° Sako, suit avec préoccupation l'affaire des irakiens résidant depuis longtemps aux Etats-Unis qui sont rapatriés dans leur pays natal parce que n'ayant pas encore obtenu les documents nécessaires pour obtenir la nationalité américaine ou parce qu'accusés de délits. Dans un communiqué diffusé le 20 juillet, le Patriarcat de Babylone des Chaldéens a qualifié cette mesure de rapatriement disposée par l'Administration américaine d'inhumaine et immorale dans la mesure où elle frappe des personne résidant aux Etats-Unis depuis de nombreuses années, contraintes parfois à se séparer de leur famille ou à emmener avec eux en Irak des enfants nés aux Etats-Unis ne parlant pas l'arabe, exposant l'ensemble de la famille à un risque d'isolement social et à un manque de travail et donc de moyens de subsistance. La prise de position du Patriarcat de Babylone des Chaldéens, diffusé au travers de ses canaux officiels, espère un changement d'avis de l'Administration américaine, qui préserve les droits et la tranquillité familiale des irakiens potentiellement victimes de ces mesures d'expulsion.
Le 2 juillet, la Cour Suprême des Etats-Unis a rejeté l'instance introduite par un groupe consistant d'irakiens afin de solliciter la suspension des mesures d'expulsion et de rapatriement forcé en Irak prises à leur encontre par l'autorité judiciaire américaine.
L'affaire concerne quelques 1.400 irakiens résidant aux Etats-Unis, certains depuis longtemps frappés de mesures d'expulsion émises après un procès et une condamnation au pénal. Nombre d'entre eux affirment dans les recours présentés pour se soustraire aux mesures d'expulsion que leur rapatriement forcé en Irak les expose au risque de subir « tortures et persécutions ». Jusqu'à quelques années en arrière, les gouvernements irakiens eux-mêmes s'opposaient aux rapatriements forcés de leurs ressortissants résidant aux Etats-Unis et frappés de mesures d'expulsion. La situation a changé à compter de juin 2017 en vertu des nouvelles normes en matière d'immigration mises en place par l'actuelle Administration. Ces normes portèrent en juin 2017 notamment à l'arrestation de 114 irakiens de la part de l'Immigration and Custom Enforcement , le juge Mark Goldsmith de Detroit a bloqué provisoirement mettant en évidence que les charges pénales pesant sur nombre des irakiens menacés d’expulsion – cités par l’Agence de l’immigration pour justifier les mesures d’éloignement du territoire américain – étaient en réalité des cas « dormants », dont l’utilisation était évidemment instrumentale. En réalité, dès avant les tentatives de résistance judiciaire du juge Goldsmith, le rapatriement forcé des irakiens résidant aux Etats-Unis se basait sur l'accord déjà signé entre l'Administration américaine et le gouvernement irakien qui avait accepté d'accueillir un certain nombre de ses ressortissants soumis à mesures d'expulsion des Etats-Unis afin de permettre à l’Irak de sortir de la liste des pays potentiellement exportateurs de terroristes.
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AMERIQUE/PEROU - Appel à un moratoire sur les activités extractives dans le cadre de la I° Assemblée mondiale pour l'Amazonie

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 09:24
Iquitos – Les mouvements, groupes et organisations des populations indigènes présentes dans le bassin de l'Amazonie ont demandé, Dimanche 19 juillet, à ce que les neuf pays intéressés appliquent un moratoire sur les activités extractives sur leurs territoires afin de freiner « l'écocide, l'ethnocide et l'extraction à outrance » qui, ont-ils souligné, « avancent plus que le virus » du Covid-19. C'est ce qu'affirme la déclaration de la I° Assemblée mondiale pour l'Amazonie qui s'est tenue les 18 et 19 juillet avec la participation via Internet des mouvements indigènes du Brésil, de Bolivie, du Pérou, de l'Equateur, de Colombie, du Venezuela, du Guyana, de la Guyane française et du Surinam.
« L'ethnicide » comporte la mise à mort des peuples et de leurs cultures alors que « l'écocide » se rapporte à la mort de la nature et des animaux, l'extraction à outrance concernant l'abattage, légal et illégal, de bois, et l'extraction de minerais pour le commerce international.
« Plus une seule goutte de sang et de douleur à cause des produits de consommation dans les villes du monde. Les communautés de la forêt, de la campagne et des villes sont organisées contre la dévastation et la faim, qui continuera après cette pandémie, dans la mesure où l'écocide, l'ethnocide et l'extractivisme progressent encore plus que le virus » a affirmé Fanny Cuiru de l'Organisation des populations indigènes de l'Amazonie colombienne .
Au cours de l'Assemblée, a également été évoquée la pandémie causée par le Covid-19 et ont été signalés au moins 20.000 cas de cette maladie selon la Pan American Health Organization.
A cet égard, S.Em. le Cardinal Pedro Barreto SI, Archevêque de Huancayo et Vice-président du Réseau ecclésial pan amazonien , a réaffirmé l'engagement de l'Eglise pour la sauvegarde de la Création. « Le moment est venu pour les peuples amazoniens unis de contribuer au monde d'aujourd'hui par un style de vie sobre, solidaire et surtout sincère dans le respect de la personne humaine, des culture et de notre nature » a-t-il affirmé. « Avec vous nous vivons et avec vous nous mourons si nécessaire » a-t-il encore déclaré.
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AFRIQUE/RD CONGO - Retour du laïcat catholique dans les rues en faveur de la transparence et de la justice

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 09:23
Kinshasa - « Notre requête principale aujourd'hui est d'exprimer clairement notre refus et notre indignation de voir imposé ce qu'il est convenu d'appeler les nouveaux animateurs de la Commission électorale nationale indépendante , choisis parmi ceux qui ont la lourde responsabilité de l'échec des prétendues élections de 2018 ». C'est ce que déclare à l'Agence Fides le Comité de coordination du laïcat – organisme s'étant développé au sein de la communauté catholique congolaise – suite à la marche pacifique organisée à Kinshasa Dimanche dernier, 19 juillet. La protestation populaire arrive dans un climat politique tendu depuis des semaines. La société civile congolaise est en ébullition pour deux raisons : la nomination de Ronsard Malonda à la tête de la CENI et la discussion devant le Parlement d'un projet de loi de réforme de la magistrature.
Ronsard Malonda fait partie de l'équipe qui a conduit la Commission durant les élections de 2018, critiquées par différentes plates-formes de la société et par des observateurs internationaux à cause de leur manque de transparence. Le projet de loi portant réforme de la magistrature est lui aussi critiqué par différentes composantes, politiques et civiles, qui voient en lui une tentative de subordonner cette autorité au Ministère de la Justice et donc de la soumettre à l'exécutif.
« Le CLC a accueilli favorablement la décision du Président de la République de ne pas approuver le candidat que l'on voulait imposer à la tête de la CENI. Ceci est un pas dans la bonne direction. En outre, le CLC encourage le Chef de l'Etat à continuer à écouter les aspirations légitimes du peuple et surtout à persévérer dans la même direction pour tous les autres besoins ayant justifié notre mobilisation, ainsi que celle des autres forces sociales et politiques de la nation » affirme la déclaration envoyée à Fides.
La marche lancée par le CLC a vu la participation de nombreux mouvements de la société civile et a eu lieu sans incidents et sans violence. Les participants affirment être prêts à organiser différentes manifestations si les requêtes du peuple ne devaient pas être prises en considération.
Les considérations et les manifestations du CLC suivent un récent message de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo qui, d'une part a exprimé sa préoccupation concernant le projet de loi portant réforme de la magistrature et d'autre part, concernant la réforme de la CENI, a rappelé que « les congolais ont bien présente à l'esprit la gestion chaotique des élections de 2018. Nombreux sont ceux qui ont perdu la confiance dans notre système électoral. Il est par suite nécessaire de rassurer les futurs électeurs de 2023 et de les persuader du fait que les choses ne seront plus comme avant ».
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ASIE/TAIWAN - Témoigner la foi au sein de la société, centre du rassemblement de la Jeunesse vincentienne mariale

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 09:23
Kaohsiung - « Le Christ est vivant et Il vous veut vivant ». Il désire aussi que tout jeune soit prêt à témoigner de sa foi et de son espérance au sein de la société. Tel a été le thème central du Rassemblement de la Jeunesse vincentine mariale , que des centaines de jeunes du mouvement ont vécu à Kaohsiung, Taiwan, du 16 au 19 juillet dernier. Ainsi que l'a indiqué à Fides le Père Rindo Karippai, missionnaire vincentien à Taiwan et l'un des accompagnateurs des jeunes – en compagnie d'autres prêtres, de religieuses et de laïcs - « le rassemblement a constitué un processus de catéchuménat, qui avait pour but d'aider les jeunes à grandir dans leur foi ». « Inspirés par la Parole de Dieu, les jeunes sont motivés à prendre une voie de constante conversion et d'attachement au Christ » a affirmé le Père Karippai.
Dans le cadre du rassemblement, la jeunesse catholique taiwanaise a vécu des moments intenses de formation à la foi, de prière et une série d'activités de groupe visant à approfondir et renouveler la vie spirituelle.
Le mouvement VMY a une portée universelle. Né à l'intérieur de la grande famille charismatique liée à Saint Vincent de Paul, son histoire est liée à l'évolution de la Compagnie des Filles de la Charité et des prêtres de la Congrégation de la Mission. Né en France en 1835, il a reçu l'approbation pontificale en 1847, se diffusant en différentes parties du monde.
Tous les membres du mouvement contemplent en Notre-Dame la volonté des jeunes d'imiter les vertus caractéristiques de l'association : la transparence – pureté ou simplicité – la collaboration – humilité – à la recherche de la volonté de Dieu – obéissance – et la sensibilité envers les pauvres – charité.
La consécration mariale proposée aux jeunes renforce leur consécration baptismale et le chemin de croissance dans la foi, selon la devis : « A Jésus par Marie ». Aujourd'hui, le mouvement de jeunesse est présent dans 40 pays du monde et compte plus de 200.000 membres. « Avec Notre-Dame comme guide et Saint Vincent de Paul comme source d'inspiration – affirment les jeunes – nous prenons à cœur le message de Jésus dans l'Evangile selon Saint Luc : « Me voici, envoyez-moi ».
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ASIE/MYANMAR - La charité et la coexistence interreligieuse à Kalaw, fruits de la mission

Fides FR - www.fides.org - Mar, 21/07/2020 - 08:24
Kalaw - « Les dortoirs de notre école accueillent également de jeunes bouddhistes ou musulmans. Du reste, le message de notre Saint-Père, le Pape François, est de s'ouvrir aux autres dans la paix ». C'est ce qu'indique à l'Agence Fides le Père Lucas Maung Hla, depuis trois mois prêtre au sein de la Paroisse du Christ Roi de Kalaw, dans le Diocèse de Taunggyi, au centre du Myanmar, antique station thermale de l'époque coloniale choisie par les britanniques pour son climat doux et frais dû à son positionnement à 1.300m d'altitude.
En tant que Vicaire paroissial, le Père Lucas Maung Hla – prêtre birman qui a fait ses études au Séminaire de Loikaw, dont provient la grande majorité des prêtres locaux – a débuté son service pastoral à Kalaw peu après la mort du Père Paul Paw, Curé de Kalaw depuis quelques années, apprécié pour avoir créé un orphelinat et un centre d'accueil pour les jeunes annexés à la Paroisse de l'Archidiocèse de Taunggyi, capitale de l'Etat birman de Shan.
L'église du Christ Roi est une construction des années 1930 due au Père Angelo Di Meo , missionnaire italien de l'Institut pontifical pour les Missions étrangères arrivé à Kalaw en 1931 et mort sur place après 69 ans de mission au Myanmar, laissant sur le territoire un extraordinaire héritage de foi et de charité.
Chaque Dimanche, l'église du Christ Roi accueille quelques 400 fidèles de plus d'une trentaine de familles présentes dans les villages autour de Kalaw mais, durant la semaine, toute la zone autour de l'édifice sacré est le théâtre des jeux des jeunes qui, durant l'année scolaire, peuvent bénéficier d'un dortoir tant pour fréquenter l'école gérée par le Père Maung Hla que pour pouvoir suivre les cours d'autres lycées de la ville. « Actuellement nous en avons une quinzaine. Il s'agit de jeunes qui habitent loin et, dans certains cas, manquent de parents. Ils peuvent donc dormir et manger ici et fréquenter notre école qui compte désormais 25 élèves ». Gérer la structure n'est pas toujours facile « mais des donateurs, instruments de la Divine Providence, nous permettent de poursuivre cette oeuvre » raconte le Vicaire.
La Paroisse du Christ Roi n'est certes pas l'unique réalité religieuse de Kalaw, petite ville dont la majorité des habitants est bouddhiste, comme le reste du pays. Cependant Kalaw, sise à 50 Km du fameux site touristique du lac Inle, a une particularité : la présence de communautés de différentes fois – catholiques, musulmans sunnites et chiites, hindouistes, protestants, bouddhistes – qui vivent en complète harmonie. « Lorsque nous célébrons nos fêtes religieuses – explique à Fides Shankar, membre d'une importante famille indienne arrivée avec les britanniques au XIX° siècle pour construire la ligne de chemin de fer – nous nous invitons réciproquement et à chaque fois, la communauté qui invite prépare la nourriture pour les invités selon les règles alimentaires de la communauté hôte ». C'est ce que confirme Paolo Felice, agronome italien, qui s'est transféré à Kalaw depuis plusieurs années. Il affirme : « Ici, la population vit en harmonie et on peut trouver un temple sikh, une église et un temple baptiste et naturellement la pagode bouddhiste, tous unis par le respect, l'harmonie et la solidarité ».
La mosquée de Kalaw se trouve à un peu plus de 100 m de la pagode d'Aung Chan Tha Zedi, célèbre pour les petites mosaïques de verre qui la recouvrent. Les musulmans gèrent différentes activités commerciales à coté de la mosquée, qui est actuellement fermée comme tous les édifices de culte de la ville à cause des restrictions liées au Covid-19. Dans l'église du Christ Roi aussi des cercles rouges marquent la distance physique à conserver pour ceux qui visitent les structures ecclésiales. L'expérience de coexistence interreligieuse à Kalaw, si elle constitue une exception de par la quantité de credo religieux présents, n'est pas un exemple unique au Myanmar. Au sein de la nation, sont disséminés des lieux, villages et territoires, qui constituent un creuset de communautés religieuses qui, comme à Kalaw, coexistent en parfaite harmonie.
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AFRIQUE/EGYPTE - Démenti de rumeurs relatives à la contamination par le Covid-19 du Patriarche copte orthodoxe

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 12:38
Le Caire – Tawadros II, Patriarche copte orthodoxe du siège de Saint Marc, n'a pas contracté le corona virus. C'est ce qu'il confirme lui-même au travers d'un démenti sec dans le cadre duquel il a qualifié de « racontars » les rumeurs insistantes diffusées sur les réseaux sociaux qui indiquaient que le Patriarche copte orthodoxe aurait fait partie des victimes illustres de la pandémie de corona virus. Au cours de la journée du 18 juillet, le Père Boutros Halim, porte-parole du Patriarcat copte orthodoxe avait, lui aussi, diffusé une déclaration pour réaffirmer que le Patriarche est en bonne santé et accomplit chaque jour ses devoirs pastoraux. Entre autres choses, le 18 juillet également, Tawadros II a diffusé une déclaration dans laquelle il demandait aux autorités civiles égyptiennes et américaines de ne plus reconnaître comme prêtre de l'Eglise copte orthodoxe Youssef Aziz Khalil, réduit à l'état laïc après les accusations prouvées de pédophilie ayant émergé contre lui au sein de la diaspora copte aux Etats-Unis.
Les campagnes lancées sur les réseaux sociaux afin de diffuser des racontars concernant la santé de Tawadros II sont désormais récurrentes. En juillet 2017, , un communiqué officiel du Patriarcat copte orthodoxe d’Alexandrie avait démenti les rumeurs qui avaient inondé les réseaux sociaux au cours de ces dernières heures à propos d’une présumée détérioration improvise des conditions de santé du Patriarche, Tawadros II. Les rumeurs ayant circulé sur les réseaux sociaux faisaient état d’une hospitalisation précipitée du Patriarche en vue d’une intervention chirurgicale d’urgence. En réalité, avait alors indiqué le communiqué officiel du Patriarcat, le Patriarche effectuait une retraite spirituelle au Monastère d’Anba Bishoy et il aurait effectivement dû se soumettre en octobre à une intervention chirurgicale, opération qui avait finalement eu lieu en novembre 2017.
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AFRIQUE/LIBERIA - Témoignage d'un missionnaire sur la lente reprise des activités pastorales

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 11:30
Foya – « Au Liberia, nous sommes en pleine saison des pluies et notre population se livre aux travaux des champs. Au cours de cette période, chaque année, le paludisme se fait sentir de manière très violente et frappe tout un chacun, hommes, femmes et surtout enfants. Cette année, par ailleurs, comme partout dans le monde, nous devons aussi tenir compte du corona virus » écrit le Père Walter Maccalli, de la Société des Missions africaines, à partir de la Paroisse Saint Jean Marie Vianney de Foya. « Ici, chez nous, dans les tous derniers jours, ont été enregistrés une dizaines de cas de personnes contaminées dont notamment le pasteur principal de l'église pentecôtiste – le plus important groupe religieux de la ville numériquement parlant. L'hôpital central de Boma, chef-lieu de la région, a été pratiquement fermé et certains médecins et infirmiers ayant été en contact avec des positifs ont été placés en quarantaine ».
« Depuis une paire de semaines – poursuit le missionnaire – nous avons eu l'autorisation de reprendre les célébrations dans nos églises. En réalité ceci est le moment du plus grand danger pour le Covid-19 et nous tous cherchons à respecter les indications afin de ne pas créer de nouveaux foyers. Dimanche prochain, nous ferons la première rencontre avec le Conseil pastoral paroissial et puis nous recommencerons à visiter les communautés chrétiennes des villages et les stations secondaires ».
Le Père Maccalli évoque encore les activités qui reprennent pied lentement : « Au sein de la communauté chrétienne du siège paroissial, sis dans la ville de Foya, nous menons l'action pastorale avec les Communautés de base. Grâce à une contribution et à la générosité de la population, la semaine prochaine, nous pourrons distribuer 150 sacs de riz à autant de familles nécessiteuses. C'est le premier devoir de la communauté chrétienne que d'identifier ceux qui les plus défavorisés et de reconnaître en eux le visage du Christ ressuscité ».
« Malgré mes nombreuses années de mission – ajoute-t-il – je ne parviens pas encore à ne pas m'émouvoir face à la souffrance humaine et à ce que nous avons découvert ces jours-ci. Il s'agit d'un jeune semi paralysé soigné par sa grand-mère qui ne parvient toutefois qu'à lui assurer un repas par jour ; d'une fillette malade recluse dans une pièce en boue depuis des années ; de personnes âgées abandonnées par leurs enfants et contraintes à mendier ; de jeunes malades mentaux qui errent dans la ville sans que personne ne s'occupe d'eux. Je crois que cela doit être le moteur qui nous pousse à prier et à agir en faveur des plus abandonnés : l'inquiétude, la compassion de Jésus envers Son peuple dispersé ».
Dans son témoignage, le Père Maccalli n'a pas oublié de remercier pour le soutien dans la prière à la libération de son frère, le Père Pierluigi Maccalli, enlevé dans sa mission nigérienne de Bomoanga voici 22 mois .
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AMERIQUE/CHILI - Conséquences imprévisibles de la crise politique étant venue se greffer sur les crises sanitaire e socioéconomique en cours selon l'Archevêque de Concepción

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 11:10
Concepción – « La crise sanitaire laisse derrière elle des milliers de morts, de malades, de familles en deuil et beaucoup de tristesse et de désespoir. A cela est venu s'ajouter, impétueuse, la crise socioéconomique caractérisée par des milliers de licenciements, de personnes et de familles sans avenir, au moins à court terme. Malheureusement, aux crises précitées s'en est encore ajoutée une autre, dont les conséquences sont imprévisibles, à savoir la crise politique que nous connaissons actuellement. Ceci devrait alerter tous les acteurs sociaux ». C'est ce qu'affirme S.Exc. Mgr Fernando Chomali Garib, Archevêque de Concepción, dans l'éditorial du dernier numéro en date du périodique Dialogo parvenu à Fides.
L'Archevêque rappelle qu'il « n'existe pas une source de violence plus grande que la faim, le désespoir et la sensation de se sentir à terre. Voila pourquoi tout ce que font l'Etat, le monde des affaires et la société civile organisée est aujourd'hui une urgence primaire ». Il se plaint ensuite de ne jamais avoir vu auparavant « un esprit excessivement critique à l'encontre de tout ce que dit, fait ou pense l'adversaire politique ». « Nombreux sont ceux qui savent utiliser habilement les mots qui pénètrent en profondeur chez veux qui n'ont pas le pain assuré pour le lendemain. Ceci n'est pas juste lorsque de telles paroles ne disposent pas d'études sérieuses permettant de les supporter ».
Les coalitions politiques montrent publiquement les divisions qu'elles abritent en leur sein, générant une profonde instabilité politique qui se traduira par une profonde impossibilité de gouverner, poursuit Mgr Chomali Garib, en soulignant la désaffection des partis en ce qui concerne le développement d'une véritable politique et de la recherche du bien commun, ce qui rend très difficile d'unir la société en un projet commun.
L'Archevêque de Concepción se plaint avec douleur du fait que, face au drame que nous connaissons actuellement, aucune trêve n'ait eu lieu, les dirigeants étant piégés dans leurs disputes internes. A ce propos, il exhorte : « C'est l'unité qui nous fera sortir de cette situation qui fait mal à la vie des chiliens. C'est la reconnaissance que la vérité est symphonique et que par suite chacun a quelque chose à ajouter pour parvenir à l'objectif final qu'est le bien commun ». Les trois crises que traverse le pays ne permettent pas de voir un avenir clair et elles porteront seulement plus de désaffection envers les responsables et les autorités et moins de paix.
« Je pense que le moment est venu – conclut l'Archevêque – d'un plus grand consensus, d'une sympathie réciproque et surtout de la solidarité. Je vous demande de le faire en regardant ceux dont l'avenir dépend en grande partie des politiques publiques dérivant de ceux qui ont reçu le mandat solennel de les mettre en oeuvre ».
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ASIE/PHILIPPINES - Opposition de prêtres et religieux à « une loi dangereuse et injuste »

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 10:43
Manille - « J'étais ici, dans ces mêmes rues avec une foule de personnes les 24 et 25 février 1986, voici 34 ans, lorsque j'étais encore jeune séminariste. Aujourd'hui, je suis revenu ici en signe de protestation. Malgré les craintes liées au Covid-19, la population est de nouveau dans la rue, manifestant, criant, créant tous les types de bruits possibles. Je peux de nouveau sentir ce que j'ai éprouvé durant les journées du People Power: l'émotion, le dégoût, la colère, le dévouement, l'engagement des jeunes”. C'est ce que raconte le Père Daniel Franklin Pilario CM, enseignant à l'Ecole de Théologie Saint Vincent et à l'Adamson University. Dans le message envoyé à l'Agence Fides, le prêtre raconte revivre le climat politique et social de 1986, lorsque la population descendit dans les rues dans le cadre de ce qu'il a été convenu d'appeler la Révolution des Chapelets, en un vaste mouvement populaire qui mit fin à la dictature de Ferdinand Marcos. « Le rejet émerge des profondeurs de notre humanité lorsque notre fibre morale est violée. Nous disons que tout ceci est erroné et nous nous mobilisons pour protester » raconte le religieux.
Le Père Pilario cite le cas de la chaîne ABS-CBN, à laquelle le Parlement – où le parti du Président Duterte détient la majorité – n'a pas renouvelé la concession dans le cadre de ce qui est qualifié de « vengeance personnelle du Président », vues les critiques exprimées à son endroit par ce moyen de communication. Il affirme : « Combien de fois dans ce pays verrons-nous la loi être armée pour tuer les pauvres. Non, elle n'a pas détruits les oligarchies dans ce pays : elle a tué les pauvres ». Le prêtre rappelle : « Je me suis uni à de petits groupes de 20 à 30 travailleurs lorsque j'étais étudiant. Aujourd'hui, nous parlons de 11.000 travailleurs et de nombreux autres, sans avenir. Nombreuses sont les victimes de ce gouvernement qui méritent notre soutien. Il est temps de se lever et de faire entendre nos voix. Face au mal, le silence est un acquiescement au statu quoi. Etre neutres signifie être complices du pouvoir ».
Il conclut en se faisant l'interprète de nombreux prêtres et religieux philippins : « Moi aussi, je proteste contre cette loi dangereuse et injuste. Je pleure les exécutions sommaires que je vois de près, au travers des veuves et des orphelins et je dis non à toutes les actions de ce gouvernement qui vont à l'encontre de la sensibilité humaine que mes parents, mes enseignants et mes pères spirituels m'ont enseigné dans la vie. Il est temps de résister ».
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ASIE/PHILIPPINES - Appel aux consciences de l'Episcopat à propos de la loi antiterroriste

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 10:27
Manille - « Dans ce panorama politique désolé, nous trouvons notre consolation dans les groupes d'avocats et de citoyens ordinaires qui ont présenté des recours devant la Cour Suprême mettant en discussion la Constitutionnalité de la nouvelle loi. Le plus haut niveau de notre magistrature fera-t-il valoir son indépendance ou cédera-t-il lui aussi aux pressions politiques? ». C'est ce qu'écrit l'Evêque de Calloocan, S.Exc. Mgr Pablo Virgilio David, Président par intérim de la Conférence épiscopale des Philippines – suite l'indisposition de santé intéressant le Président, S.Exc. Mgr Romulo Valles, Archevêque de Davao – dans une lettre pastorale, parvenue à l'Agence Fides, qui critique l'approbation et l'entrée en vigueur de la nouvelle loi antiterroriste, malgré les fortes pressions enregistrées dans le pays. La Lettre pastorale a été lue lors de toutes les Messes d'hier, Dimanche 19 juillet. La nouvelle loi, entrée en vigueur la veille, confère des pouvoirs spéciaux à l'exécutif en matière de lutte contre le terrorisme mais les défenseurs des droits civils estiment qu'elle pourra être utilisée pour réprimer les oppositions et la liberté de conscience.
Mgr David a relevé un « modèle d'intimidation » qui a créé un « climat dommageable à la liberté d'expression ». La Lettre indique les actuels points critiques du système démocratique : la manière dont les activistes sont étiquetés comme « communistes », les fausses accusation de « sédition » faites à l'encontre du clergé, la longue traînée d'homicides relatifs à la « guerre contre la drogue », la détention prolongé du Sénateur d'opposition Leila de Lima, « l'effet terrifiant » causé par la fermeture de la chaîne ABS-CBN, dont la concession relative aux fréquences de transmission n'a pas été renouvelée par le Parlement. La chaîne en question avait ouvertement critiqué le Président Duterte, tant durant la campagne électorale qu'après son élection.
Mgr David déplore par ailleurs la manière dont « la pression politique d'en haut » a pesé plus lourdement sur les législateurs qui ont voté en faveur du projet de loi sur le terrorisme, que « les voix d'en bas ». « Il ne semble pas leur importer du désaccord de nombreuses personnes qu'ils représentent : associations d'avocats, universitaires, secteurs économiques, groupe syndicaux, organisations de jeunesse, ONG, mouvements politiques, communautés religieuses et même gouvernement de la région Bangsamoro » indique la Lettre pastorale. Tous ces groupes ont fait part de leur préoccupation suite à la définition vague appliquée au mot terrorisme et à la locution acte de terrorisme, craignant que les forces de l'ordre puissent en abuser et commettre des violations des droits civils et fondamentaux.
La Lettre pastorale affirme en outre confier en tous ceux qui, au sein de l'Administration et en dehors d'elle « agissent seulement comme le leur impose leur conscience et ne se laissent pas intimider ou empêcher par les pressions politiques d'exercer leurs devoirs constitutionnels ». « Ils constituent un élément important pour le renforcement de nos institutions gouvernementales ainsi qu'une clef essentiel pour un système démocratique stable et fonctionnel » ajoute le texte, invitant tout le peuple de Dieu à une prière spéciale pour le bien commun de la nation.
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AFRIQUE/CAMEROUN - Colloques de paix entre gouvernement et séparatistes près la résidence archiépiscopale, contribution de l'Eglise au dialogue et à la réconciliation

Fides FR - www.fides.org - Lun, 20/07/2020 - 09:31
Bamenda – Les espoirs de paix renaissent au Cameroun. Au cours de la première semaine de juillet, ont eu lieu des rencontres entre des représentants officiels du gouvernement et es séparatistes des régions anglophones du pays, qui ont rouvert les perspectives de cessation des hostilités, laquelle n'avait pas même été obtenue durant le confinement déclenché en raison de la pandémie. Contacté par l'Agence Fides, S.Exc. Mgr Andrew Nkea, Archevêque de Bamenda, capitale des régions anglophones, commente ainsi l'important événement : « J'ai eu confirmation directe de la part e personnes présentes que la rencontre a eu lieu dans un climat très relaxé et que les colloques ont été francs et clairs. Julius Ayuk Tabe, responsable de l'Ambazonie, a été prélevé de sa cellule d'une prise de haute sécurité de Yaoundé où il est détenu depuis décembre 2018, afin de pouvoir participer à la rencontre. Ses conditions pour garantir un cessez-le-feu sont au nombre de trois : que les militaires quittent les régions anglophones et remettent le contrôle de la sécurité à la police ; que tous les prisonniers liés à la question anglophone soient libérés ; que soit proclamée une amnistie pour l'ensemble des séparatistes en exil. Je crois que le gouvernement prend sérieusement en considération les propositions notamment parce qu'il s'est rendu compte que le seul recours à la force ne résoudra jamais la question ».
L'Ambazonie est la région qui prend son nom de la baie d'Ambas, baie du fleuve Mungo qui, à l'époque coloniale, marquait la frontière entre le Cameroun français et le Cameroun anglais. En 2017, la zone s'est autoproclamée république indépendante et depuis lors des affrontements très graves s'y sont succédés, faisant plus de 3.000 morts et des centaines de milliers d'évacués.
L'Archevêque a poursuivi : « Naturellement, ils ne peuvent fournir un calendrier précis, mais les séparatistes se sont déclarés prêts à tout moment et ils attendent donc un signe du gouvernement. Ce dernier était représenté par l'un des responsables de la sécurité nationale mais derrière lui se trouve directement le Premier Ministre, Joseph Ngute ». La rencontre a eu lieu à la résidence de l'Archevêque de Yaoundé, S.Exc. Mgr Jean Mbarga, preuve d'un rôle historiquement actif de l'Eglise dans la recherche de la réconciliation et de la paix. « L'Eglise n'est pas protagoniste mais œuvre constamment dans les coulisses. Depuis très longtemps, nous sommes opérationnels, à tous les niveaux, pour favoriser le dialogue, en exploitant le fait que les deux parties ont un profond respect pour nous. Ils croient en notre neutralité intéressée et pensent que nous sommes peut-être le seul interlocuteur qui puisse porter le pays à une paix stable. Même si les représentants de l'Eglise ne siègent pas à la table des négociations, nous continuons de toute manière à encourager le dialogue et la recherche d'une solution négociée qui remplace définitivement les armes ».
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